lunes, febrero 26

La Roumanie se tourne toujours plus vers les Etats-Unis en matière militaire et énergétique

Adieu Naval Group ! Mardi 8 août, le gouvernement roumain a annulé l’achat de quatre corvettes Gowind 2500 à la société française de construction navale. Cette décision marque l’échec d’un marché dont l’histoire avait débuté en 2018, lorsque la Roumanie avait lancé un appel d’offres pour l’acquisition de quatre corvettes et la modernisation de deux vieilles frégates appartenant aux Forces navales roumaines. Ce choix pourrait fournir aux Etats-Unis une nouvelle occasion pour renforcer leur présence, déjà forte.

En 2019, Naval Group avait remporté une victoire surprenante face au groupe néerlandais Damen avec un contrat de 1,2 milliard d’euros pour l’achat des quatre corvettes Gowind 2500 équipées par la multinationale européenne MBDA. Damen, qui avait proposé un contrat d’une valeur de 1,25 milliard d’euros, s’était engagé à livrer plus rapidement les corvettes Sigma 10514 équipées par les entreprises américaines Boeing et Raytheon. Le groupe néerlandais avait aussi l’avantage d’être présent sur deux chantiers navals en Roumanie, à Galati, un port sur le Danube dans l’est du pays, et à Mangalia, un autre port sur la mer Noire, dans le sud-est.

L’achat des corvettes Gowind 2500 était censé équilibrer les investissements militaires en Roumanie entre la France et les Etats-Unis, qui bénéficient de contrats attractifs. Cependant, les relations entre la Roumanie et le Naval Group n’ont pas été sans heurts. Le néerlandais Damen a contesté le choix de la Roumanie devant les tribunaux. Une fois les recours judiciaires épuisés, le contrat a encore été retardé par des désaccords entre le groupe français et son partenaire roumain concernant les responsabilités à partager.

Moderniser en urgence l’armée

Le projet avait reçu un nouvel élan en juin 2022, lorsque la France a signé une lettre d’intention prévoyant un plan de soutien ambitieux aux Forces navales roumaines. Mais le projet a continué de traîner et, en juin, le ministre de la défense, Angel Tilvar, a lancé un ultimatum à Naval Group. Le couperet est tombé le 8 août.

Le gouvernement a aussi écarté de revenir à l’option Damen. La Roumanie se tournera-t-elle une fois de plus vers Washington pour s’équiper ? Depuis 2021, les Etats-Unis ont permis au pays de conclure des contrats militaires avec leurs partenaires, sans obligation de verser un acompte pour les équipements.

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La guerre que la Russie a déclenchée contre l’Ukraine voisine a poussé les autorités roumaines à moderniser en urgence leur armée, mal équipée. Bucarest cherche particulièrement à renforcer sa flotte navale en mer Noire, dont les équipements obsolètes la rendent vulnérable. Avec un conflit à sa frontière, la Roumanie renforce son industrie militaire. « Nous sommes confrontés à une guerre de longue durée, a déclaré Mircea Geoana, ancien ministre roumain des affaires étrangères et secrétaire adjoint de l’OTAN depuis 2019. Nous devons augmenter notre production industrielle pour continuer à soutenir l’Ukraine. »

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