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« Cela fait douze ans qu’on vit l’enfer. Ça suffit ! »

Cela fait plus de quarante jours que la ville de Souweïda, dans le sud de la Syrie, se rebelle. Vendredi 29 septembre, quelque 2 000 manifestants, selon l’Agence France-Presse, se sont retrouvés sur la place Al-Karama (« dignité »), au cœur du chef-lieu de la province du même nom, fief de la minorité druze. Les pancartes brandies par des femmes et des hommes de plusieurs générations appelaient à la chute de Bachar Al-Assad. La journée a été marquée par une ambiance festive, mais aussi par des gestes de fronde, comme le retrait, sur des infrastructures publiques, du portrait de l’inamovible dirigeant syrien.

La ville est le théâtre de rassemblements des habitants – rejoints le vendredi, jour de congé, par des résidents des villages voisins – depuis l’annonce par les autorités de Damas, à la mi-août, de la levée de subventions sur l’essence et le mazout, dans un contexte de crise et d’inflation. « Cela fait douze ans qu’on vit l’enfer. Les services publics ne fonctionnent plus : eau, électricité… Chaque mois, nous sommes contraints à de nouvelles privations en raison de l’envolée des prix. Ça suffit ! », s’insurge L., une enseignante jointe par téléphone à Souweïda qui a requis l’anonymat. Son salaire mensuel équivaut à 20 dollars (19 euros). Elle prend part chaque jour aux manifestations, « malgré la peur ».

Le mécontentement face à la cherté de la vie s’est déjà exprimée à Souweïda en 2022. Mais la mobilisation actuelle a rapidement pris un tour politique. L’appel à l’application de la résolution 2254, ce plan de sortie du conflit adopté en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l’ONU et qui s’est transformé en processus mort-né grâce au soutien de Moscou à son protégé de Damas, est devenu le leitmotiv des manifestants. « Nous voulons que la Syrie revienne au-devant des préoccupations des Nations unies, qu’il y ait une transition politique, sans violence. Le mouvement a ranimé l’esprit de la révolution de 2011. Les Assad doivent partir. Cela fait plus de cinquante ans que cette famille contrôle nos vies », poursuit L.

Lire aussi : Syrie : nouvelles manifestations antigouvernementales dans le sud du pays

Les protestataires, qui brandissent le drapeau multicolore druze, ont le soutien de deux des trois chefs spirituels de la communauté, dont le cheikh Hikmat Al-Hijri, qui les reçoit quotidiennement. Ce dernier défend le caractère pacifique du mouvement. Une position réitérée après que trois manifestants ont été blessés, le 13 septembre, par des tirs des gardes du parti Baas, dont ils cherchaient à bloquer les bureaux. Mais le cheikh a averti que les hommes de Souweïda répondraient en cas d’attaque. La minorité, qui représentait environ 3 % de la population avant le conflit en Syrie, a eu une position d’équilibriste durant la guerre, en affichant une forme de neutralité et en privilégiant la défense de la province.

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By Noel Gómez

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