lunes, febrero 26

à Moscou, la vie quotidienne sous les attaques de drones

Dans les rues du centre de Moscou, un nouveau panneau de signalisation interpelle les passants, partagés entre inquiétude et indifférence : « Vol de drone interdit. » De plus en plus, les chauffeurs de taxi se plaignent du brouillage des serveurs d’Internet : dès que leur voiture s’approche du Kremlin ou d’autres bâtiments publics, les GPS se bloquent et les automobilistes perdent leur chemin. Le renforcement des mesures de sécurité perturbe jusqu’aux connexions Internet privées des appartements situés sur les artères historiques et stratégiques. « Depuis peu, on capte mal les réseaux. C’est sans doute lié à ces récentes attaques de drones sur la ville », constate avec flegme Ksenia, moscovite des beaux quartiers. Elle habite près des rives de la Moskova et du siège du ministère de la défense. « Il y a quelques jours [lundi 24 juillet], l’un de ces engins sans pilote est tombé à côté de chez nous », raconte-t-elle. Légère explosion, quelques dégâts, aucune victime. « On finit par s’habituer ! », ironise Ksenia.

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Telle est la nouvelle réalité à Moscou qui, au dix-septième mois de l’« opération militaire spéciale » du Kremlin en Ukraine, se réveille régulièrement avec la surprise d’attaques nocturnes aux drones, sur des cibles symboliques ou stratégiques, mais aussi sur de simples immeubles. Dimanche 30 juillet à l’aube, les Moscovites ont appris qu’un drone avait été abattu et que deux autres, « neutralisés par la guerre électronique », s’étaient écrasés sur un complexe de bâtiments, selon le ministère de la défense.

« La tentative d’attaque terroriste du régime de Kiev a été déjouée », a-t-il affirmé sur son fil Telegram. Le même jour, en Crimée, « seize drones ukrainiens ont été détruits par la défense antiaérienne. Neuf autres ont été neutralisés par des moyens de guerre électronique et se sont écrasés dans la mer Noire », a-t-il ajouté. Derrière cet effort de communication et de transparence, les télévisions au service du Kremlin répètent un même message : la situation est d’autant plus sous contrôle qu’aucune de ces attaques n’a fait de victimes. L’heure est à la normalité, priorité du président Vladimir Poutine.

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A Moscou, dimanche, les drones ont endommagé deux tours de Moskva City, prestigieux quartier des affaires. Non loin de là, les vols à Vnoukovo, l’un des trois aéroports de la capitale, ont dû être interrompus, pour la deuxième fois en juillet. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a sobrement indiqué sur les réseaux sociaux : « Des drones ukrainiens ont attaqué cette nuit. Il n’y a ni victimes ni blessés. » Ce proche du chef du Kremlin se garde d’en dire plus, dans une ville où une partie de la population s’oppose à l’offensive en Ukraine.

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